Sécurité affective : on n’en fait jamais trop !Rien ne sert de préparer un meilleur monde pour son bébé, si on ne prépare pas aussi son petit bout d’homme ou de femme à y vivre sereinement, empli d’amour et de confiance. Là, c’est à vous de (bien) jouer !
Prendre tendrement Bébé par la main ou mieux, dans les bras, le serrer très fort contre soi, lui dire et lui redire qu’on l’aime et le lui prouver tous les jours plusieurs fois par jour, on est 100% pour ! Non, vous n’en ferez pas un “capricieux” ni une “chochotte”… c’est même tout le contraire.
Vous vous en doutez,
pas question de “materner” Bébé au point de l’enfermer dans une bulle hyper protectrice et soi-disant rassurante qui, au bout du compte, le figerait et l’empêcherait d’être vraiment lui-même. Non, il s’agit plutôt de préparer un terreau d’amour solide dans lequel votre petite plante en devenir pourra semer ses propres graines et cultiver des racines fermes, celles qui lui permettront de s’épanouir pleinement et de prendre son envol… sans tuteur !
Premiers liens parmi les miensIl en est ainsi du petit d’homme... c’est écrit dans les gènes de Monsieur Bébé : si, au départ, il est totalement dépendant des adultes et plus particulièrement de ses parents,
il est aussi “programmé” pour s’attacher. Pour lui, c’est une question de survie, tant du point de vue physique que psychologique. Sans ces figures d’attachement (le plus souvent ses parents et la personne qui l’accueille en journée), point de salut… C’est ce qu’exprime Lucie (Paris) quand elle parle de l’instant “I” où elle a vu arriver Anatole : “Il est sorti de moi, la sage-femme l’a retourné pour me le présenter et là, j’ai vu arriver deux grands yeux énormes qui s’accrochaient à moi comme une moule à un rocher. Je l’ai regardé et j’ai été envahie d’une sensation d’amour très forte : je n’arrivais plus à décrocher mon regard du sien. Incroyable. J’ai eu l’impression qu’on créait mutuellement par ce regard intense un nouveau “cordon”... Et que celui-là, personne ne pourrait le couper !”
Les premiers liens Maman-Bébé passent souvent par le regard. Rappelez-vous, dans les heures qui ont suivi votre accouchement, les longs moments passés à contempler votre merveille ! Bien sûr, pour certaines d’entre nous, ça a pu prendre plus de temps, être moins spontané. Qu’importe, à chacune son rythme et c’est tous les sens ouverts (vue, odorat, toucher…) que Maman et Bébé (et Papa aussi) sont alors parti à la rencontre l’un de l’autre…
Premiers mois : le temps du maternageAprès la naissance, chaque membre de la famille apprend à se connaître à s'apprivoiser...
Un temps pour le maternagePassé cette première rencontre commence alors
le temps de “l’apprivoisement réciproque”, de l’ajustement progressif. Chacun apprend à se connaître, ce que les
psys nomment “l’interaction précoce” : la mère et son
nouveau-né se “créent” l’un l’autre, s’adaptent l’un à l’autre à travers les
soins, le jeu,
l’allaitement (au sein ou au biberon !) et… tout le reste ! C’est une période très douce, très “cocoon”, voire un peu repliée sur soi, mais nécessaire, où chaque membre de la famille se constitue sa nouvelle place en laissant la part belle au nouveau venu (même si ce n’est pas tous les jours facile).
Un conseil : les six premiers mois, profitez-en ! Faites le plein de votre tout-petit, ça passe si vite… Portez-le, bercez-le, sentez-le, cajolez-le, offrez-lui votre amour “brut”, laissez parler vos envies. Certaines mamans s’en donnent d’ailleurs à cœur joie, qui se découvrent hyper maternante, comme le raconte Juliette, de Rennes : “Matthis m’a complètement transformée ! Mais j’ai dû prendre sur moi (et le
papa m’a bien aidée) pour résister à la tentation de m’enfermer dans ce duo…”.
Attention, “ne faire qu’un” avec Bébé n’est en rien une obligation pour son bien-être ! Et ça peut même se révéler sclérosant par la suite. L’essentiel : être à l’écoute de son tout-petit en restant soi-même. Pour l’équilibre de chacun et de la famille en général, il convient également de s’écouter, soi, pour ne pas s’oublier…
Protéger Bébé sans le surprotégerEn grandissant, Bébé est avide de découvertes. A vous de l'encourager tout en le rassurant...
Au fur et à mesure, le petit oiseau grandit… et l’envie se fait sentir de déployer ses ailes pour élargir un peu son nid, ses connaissances et ainsi partir à la découverte du monde extérieur. Parce que ça aussi, c’est constitutif du petit d’homme : voilà un explorateur né très curieux de tout !
Même si les bras de Papa et Maman sont (et resteront) toujours rassurants, Bébé est naturellement et littéralement poussé par cet élan de vie qui lui donne, tel un Christophe Colomb en culotte courte, l’envie de s’éloigner un peu du “giron” parental. En termes “techniques”, cela donne : sortir du périmètre de sécurité pour s’aventurer plus loin, dans ce que les pros nomment la “zone de découverte”. Porté par ses petites jambes potelées et son regard avide, Bébé n’a de cesse d’aller de l’avant et de pousser toujours plus loin ses entreprises.
Oui mais voilà, il ne pourra le faire que si la première zone est largement balisée, dans le sens où votre enfant sait qu’
en cas de souci, il peut toujours revenir se blottir dans la zone de sécurité, c’est-à-dire… auprès de vous ! Et plus vous aurez fait de cette zone un petit havre de paix, plus Bébé se sentira libre pour la quitter. Paradoxal ? Non, propre à la nature humaine.
En gros, vous, ses parents, jouez un rôle essentiel dans son équilibre : c’est parce que votre enfant sera assuré de ne jamais perdre votre amour qu’il pourra d’autant mieux se détacher de vous… Un véritable tremplin pour la suite ! Et une sacrée responsabilité aussi, on vous l’accorde…
Parents : pensez (aussi) à vous !Pour que Bébé prenne confiance en lui, il faut parvenir à se détacher... sans culpabiliser !
Rassurez-vous, tout se fait généralement très naturellement, avec bien sûr quelques accrocs et ratés, qui permettent souvent de réajuster le tir. Sans oublier
deux conditions sans lesquelles ce processus devient plus compliqué :
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primo, le fait que la maman “permette” à son enfant de se détacher et donc de s’éloigner d’elle (eh oui, pour certaines, ce n’est pas forcément évident !), essentiel pour que l’enfant prenne confiance en lui et éprouve ses propres limites. Sous votre regard fier, attendri et attentif évidemment, mais par lui-même. Au parc, par exemple, inutile de lui asséner des “Tu vas tomber !” à tout bout de champ, au risque de bloquer ses initiatives.
Accompagnez-le plutôt par la parole en lui donnant des solutions s’il a des difficultés, mais sans intervenir physiquement.
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Secundo, osez, vous aussi, vous détacher de Bébé de temps en temps, et sans culpabiliser s’il vous plaît ! Non seulement ça vous permettra de vous rapprocher du papa ou de prendre du temps pour vous mais en plus, ça vous fera un bien fou (si on vous le dit !). Parce que c’est bien de cela dont Bébé a le plus besoin pour grandir sereinement :
deux parents É-PA-NOUIS ! En fait, tout est question de juste-milieu.
À ce propos, savez-vous pourquoi les hérissons vivent à bonne distance l’un de l’autre ? Tout simplement parce que, trop loin, ils auraient froid mais trop près, ils se piqueraient. Eh bien, Maman et Bébé, c’est un peu la même jolie fable....
Les signes d’un attachement “sécure”
- Bébé pleure ou crie, mais se calme très rapidement à la vue de son parent et après son intervention ;
- Il répond par le sourire ;
- Dès les premiers mois, il manifeste un intérêt particulier pour son parent : il le suit du regard, lui tend les bras, se blottit contre lui, aime jouer, interagir avec lui ;
- Cet intérêt ne fait que s’accroître au fil du temps jusqu’à devenir exclusif à certains âges précis (angoisse de la séparation vers 8 mois puis peur des figures étrangères aux alentours de 15 mois) ;
- Bébé veut rester avec vous et proteste quand vous vous éloignez ;
- Il s’intéresse de plus en plus à l’environnement extérieur et guette vos réactions quand il part en “exploration”.
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